Femmes & Pensions : Plus de précisions svp Monsieur Bacquelaine

En ce jour des droits des femmes le ministre Bacquelaine a envoyé un communiqué de presse intitulé

« A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Daniel Bacquelaine réaffirme que la réforme des pensions aura un impact positif pour les femmes »

Le texte mentionne quelques chiffres pour en arriver à magnifier la mesure dérisoire du bonus de 25 millions :

« Cette revalorisation du montant de la pension minimum impactera positivement les femmes dans le régime des travailleurs salariés. La mesure bénéficiera en effet à 76.000 pensionnés dont 52.000 femmes, soit 69% du total des bénéficiaires. »

Une lecture rapide de ce pourcentage pourrait faire croire que la vie de 69% des femmes sera facilitée. Il n’en est malheureusement rien !

Il y a en fait au 1/1/2014 (dernier rapport ONP) 1.0007.609 femmes bénéficiant d’une pension chez les salariés et les indépendants. La mesure touchera donc à peine 5% des femmes pensionnées hors les fonctionnaires statutaires !

En 2014 toujours et pour ces régimes de pensions, on compte 617.800 femmes en dessous du minimum pour carrière complète (soit 62% des pensionnées) et 337.809 au-dessus (33%) si le chiffre de 52.000 bénéficiaires percevant la pension minimal est exact.

Les 25 millions ne représentent aussi, selon certains calculs, qu’une hausse de 08,00 euros mensuels ….

On voit dès lors que l’impact en termes de nombre de femmes concernées et en montant d’augmentation envisagé ne sont pas de nature à rencontrer la situation de la plupart des aînées.

Enéo, le mouvement social des aînées et aînés, rappelle ses  étonnements quant aux impacts :

-de la modification de la pension de survie :

Qui est transformée en allocation d’attente d’un an (2 si enfant(s) à charge) puis en allocation de chômage pour chef de famille (qui sera activé et éventuellement sanctionné) initialement jusqu’à 45 ans et maintenant jusqu’à 50 et bientôt 55 ans. Ce dispositif ne prend pas en considération la « chance » réelle de décrocher un emploi entre 45 et 55 ans quand on a suspendu sa carrière durant plusieurs années, a fortiori si les enfants sont en bas âge.

-du durcissement des congés thématiques qui pénalisent les familles recomposées :

En supprimant toute assimilation pension pour les congés « non thématiques », l’accueil de l’enfant, le soutien aux personnes handicapées via le congé n’est plus possible que dans un degré de parenté limité. Quelle sanction pour la belle-mère de l’enfant malade de son compagnon (et vice versa) ! Et pourtant la commission des experts s’était distanciée des propositions visant à réduire les périodes assimilées pour le chômage et la prépension. Mais la logique dominante de contrôle budgétaire d’austérité a prévalu…

-sur les attentes en faveur des aidants proches via la clarification des périodes d’aides qui pourraient être assimilées pour les pensions.

Cela reste à définir en relation avec les principes de la loi Courard sur le statut des aidants proches dont les mesures concrètes d’aide nécessitent aussi un volet pension.

Toutes ces mesures  toucheraient autrement concrètement  les femmes et devraient être activées pour   plus d’équité tenant compte de carrières professionnelles réelles, principalement des femmes. C’est une autre vision de la solidarité.

Philippe Andrianne, Secrétaire politique  - 0475/321348 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.