Les jeunes sont tolérants à l'égard des aînés, mais la vieillesse demeure indésirable

Si les discours sur les aînés sont généralement tolérants, la perception implicite de la vieillesse demeure clairement négative.

Tel est le constat de la dernière étude que vient de publier Énéo, mouvement social des aînés. Cette étude a été menée en collaboration avec une équipe de l'Université de Liège et fait partie d'un vaste projet visant à décrypter les images des aînés. Dans ce cadre, 511 personnes francophones de 15 à 49 ans d'horizons divers ont été interrogées sur la perception qu'elles ont de leurs aînés, ce qui a permis de faire plusieurs observations.

À quel âge devient-on « vieux » ?

Selon les répondants, la jeunesse se termine vers 45 ans, tandis que la vieillesse ne commence qu'à 65 ans. On peut aussi constater que ces âges charnières reculent au fur et à mesure qu'on vieillit : selon les répondants de moins de 30 ans, la jeunesse se termine à 40 ans et la vieillesse commence à 65 ans. En revanche, pour les répondants de 30 à 49 ans, la jeunesse se termine à 50 ans et la vieillesse commence à 70 ans !

Les termes ont leur importance

Il existe de nombreux termes qui désignent les personnes de 50 ans et plus, mais ils sont loin d'être des synonymes. Ils charrient avec eux des connotations importantes en termes d'âge. Ainsi, selon les répondants, on peut être qualifié d'aîné dès 60 ans. Viennent ensuite 3 termes qui semblent convenir à partir de 63 ans environ : senior, retraité ou encore pensionné. Enfin, deux termes deviennent appropriés à partir de 70 ans environ : ancien ou personne âgée. On ne devrait pas qualifier quelqu'un de vieux avant 72 ans !

Ô vieillesse ennemie !

Les répondants ont, dès 30 ans, le sentiment d'être plus jeunes que leur âge (4,7 ans de moins que leur âge en moyenne). Ils rapportent aussi qu'ils aimeraient être plus jeunes que leur âge (5,4 ans en moyenne). « Ces résultats montrent combien le jeunisme demeure présent, et combien on tient à garder la vieillesse à distance de soi », rapporte Jean-Baptiste Dayez, chargé d'études à Énéo

Les aînés sont globalement bien perçus

Quand les personnes de 50 ans et plus sont évaluées par les personnes plus jeunes, elles s'avèrent globalement bien perçues sur la majorité des facettes mesurées. Les aspects jugés les plus sévèrement sont la santé, l'apparence physique, l'activité sexuelle et le sentiment d'insécurité. Par contre, les aînés sont perçus comme professionnellement expérimentés et comme intéressants. Ces résultats sont encourageants, car ils montrent que les jeunes ont un discours globalement positif sur leurs aînés.

Les perceptions implicites demeurent négatives

Si l'âgisme – la perception négative des plus âgés – est peu présent lorsqu'il est évalué par des mesures explicites, il l'est beaucoup plus quand il est mesuré de façon plus indirecte. Ainsi, lorsqu'il est demandé aux répondants de donner cinq mots qui leur viennent spontanément à l'esprit quand ils pensent aux personnes âgées, les mots cités sont deux fois plus souvent négatifs que positifs. « Quand on pense à la vieillesse, on continue de penser à la maladie et à la solitude. Les stéréotypes négatifs sur l'avancée en âge sont donc fortement ancrés dans les esprits ».

Des variations selon les profils

La perception des aînés n'est pas la même pour tous les répondants : les répondants moins jeunes, de sexe féminin ou qui côtoient plus souvent des personnes plus âgées se révèlent moins négatifs que les autres à l'égard des aînés. Les contacts intergénérationnels sont à encourager, car ils contribuent à améliorer la perception que les jeunes ont de leurs aînés.

 

Cette étude montre que la situation s'améliore, mais que le combat contre l'âgisme doit être poursuivi : on peut se réjouir que les jeunes générations ne se permettent plus de dénigrer leurs aînés, mais leur perception spontanée et implicite de la vieillesse demeure malheureusement très négative. La rencontre entre générations reste la voie royale pour améliorer la perception que les jeunes ont de leurs aînés.

Énéo, mouvement social des aînés, est une ASBL qui compte 40.000 membres en Fédération Wallonie-Bruxelles. Mouvement d'éducation permanente et partenaire de la Mutualité chrétienne, Énéo a notamment pour mission de lutter contre toute forme de discrimination à l'égard des personnes âgées. Cette étude permettra d'étayer son combat de tous les jours.

 

Contact : Jean-Baptiste Dayez, Chargé d'études – 0495/52.00.43

Pour en savoir plus

 

Crédit image : Annie Dalbéra (Flickr)

Les jeunes sont tolérants à l’égard des aînés, mais la vieillesse demeure indésirable

Communiqué de presse d’Énéo du 20 janvier 2013

 

Si les discours sur les aînés sont généralement tolérants, la perception implicite de la vieillesse demeure clairement négative. Tel est le constat de la dernière étude que vient de publier Énéo, mouvement social des aînés. Cette étude a été menée en collaboration avec une équipe l’Université de Liège et fait partie d’un vaste projet visant à décrypter les images des aînés. Dans ce cadre, 511 personnes francophones de 15 à 49 ans d’horizons divers ont été interrogées sur la perception qu’elles ont de leurs aînés, ce qui a permis de faire plusieurs observations.

 

À quel âge devient-on « vieux » ?

 

Selon les répondants, la jeunesse se termine vers 45 ans, tandis que la vieillesse ne commence qu’à 65 ans. On peut aussi constater que ces âges charnières reculent au fur et à mesure qu’on vieillit : selon les répondants de moins de 30 ans, la jeunesse se termine à 40 ans et la vieillesse commence à 65 ans. En revanche, pour les répondants de 30 à 49 ans, la jeunesse se termine à 50 ans et la vieillesse commence à 70 ans !

 

Les termes ont leur importance

 

Il existe de nombreux termes qui désignent les personnes de 50 ans et plus, mais ils sont loin d’être des synonymes. Ils charrient avec eux des connotations importantes en termes d’âge. Ainsi, selon les répondants, on peut être qualifié d’aîné dès 60 ans. Viennent ensuite 3 termes qui semblent convenir à partir de 63 ans environ : senior, retraité ou encore pensionné. Enfin, deux termes deviennent appropriés à partir de 70 ans environ : ancien ou personne âgée. On ne devrait pas qualifier quelqu’un de vieux avant 72 ans !

 

Ô vieillesse ennemie !

 

Les répondants ont, dès 30 ans, le sentiment d’être plus jeunes que leur âge (4,7 ans de moins que leur âge en moyenne). Ils rapportent aussi qu’ils aimeraient être plus jeunes que leur âge (5,4 ans en moyenne). « Ces résultats montrent combien le jeunisme demeure présent, et combien on tient à garder la vieillesse à distance de soi », rapporte Jean-Baptiste Dayez, chargé d’études à Énéo

 

Les aînés sont globalement bien perçus

 

Quand les personnes de 50 ans et plus sont évaluées par les personnes plus jeunes, elles s’avèrent globalement bien perçues sur la majorité des facettes mesurées. Les aspects jugés les plus sévèrement sont la santé, l’apparence physique, l’activité sexuelle et le sentiment d’insécurité. Par contre, les aînés sont perçus comme professionnellement expérimentés et comme intéressants. Ces résultats sont encourageants, car ils montrent que les jeunes ont un discours globalement positif sur leurs aînés.

 

Les perceptions implicites demeurent négatives

 

Si l’âgisme – la perception négative des plus âgés – est peu présent lorsqu’il est évalué par des mesures explicites, il l’est beaucoup plus quand il est mesuré de façon plus indirecte. Ainsi, lorsqu’il est demandé aux répondants de donner cinq mots qui leur viennent spontanément à l’esprit quand ils pensent aux personnes âgées, les mots cités sont deux fois plus souvent négatifs que positifs. « Quand on pense à la vieillesse, on continue de penser à la maladie et à la solitude. Les stéréotypes négatifs sur l’avancée en âge sont donc fortement ancrés dans les esprits ».

 

Des variations selon les profils

 

La perception des aînés n’est pas la même pour tous les répondants : les répondants moins jeunes, de sexe féminin ou qui côtoient plus souvent des personnes plus âgées se révèlent moins négatifs que les autres à l’égard des aînés. Les contacts intergénérationnels sont à encourager, car ils contribuent à améliorer la perception que les jeunes ont de leurs aînés.

 

Cette étude montre que la situation s’améliore, mais que le combat contre l’âgisme doit être poursuivi : on peut se réjouir que les jeunes générations ne se permettent plus de dénigrer leurs aînés, mais leur perception spontanée et implicite de la vieillesse demeure malheureusement très négative. La rencontre entre générations reste la voie royale pour améliorer la perception que les jeunes ont de leurs aînés.

 

Énéo, mouvement social des aînés, est une ASBL qui compte 40.000 membres en Fédération Wallonie-Bruxelles. Mouvement d’éducation permanente et partenaire de la Mutualité chrétienne, Énéo a notamment pour mission de lutter contre toute forme de discrimination à l’égard des personnes âgées. Cette étude permettra d’étayer son combat de tous les jours.

 

 

Contact : Jean-Baptiste Dayez, Chargé d’études – 0495/52.00.43

 

Site Internet d’Énéo : http://www.eneo.be

Résultats complets de l’étude : http://bit.ly/19yYKvN

Campagne « Imag’Aînés » : http://bit.ly/1eYBPK9